Très beau sujet, Sadook, merci de l'avoir évoqué.
Je vais vous parler de certains mystères en rapport avec Sirius.
Les mystères de Sirius
1. Le mystère de sa couleurSirius (
alpha Canis Majoris) est une étoile très bleue de type spectral A0, jusque là tout va bien. Mais ce qui est bizarre c'est que les derniers astronomes de l’antiquité nous proposent des observations de Sirius qui, le moins qu'on puisse dire, sont mystérieuses et étonnantes puisqu'elles nous fait la description d'une étoile de couleur plutôt rouge et parfois même d'un rouge très ardent.
Déjà au 3eme millénaire avant notre ère les
Chaldéens avaient mentionné dans des tablettes cunéiformes trouvées à Babylone que Sirius ("Kasidi") était une étoile "d’un éclat de cuivre".
Pour le poète
Aratos de Sicyone au 3ème siècle avant notre ère il dit de Sirius qu'elle était
“multicolore” ou
“Poikilos”.
Le Consul romain et orateur
Cicéron, le premier, qui traduisit en latin l'ouvrage grec d’
Aratos. Voici ce qu'il écrit:
"l'étoile du Grand Chien brille d'un éclat "rutilant" :
“rutilo cum lumine claret”, adjectif qui signifie d'abord rouge ou roux.
En 10 av. J.C.
Horace parle carrément de l’étoile rouge du Chien en disant :
“rubra canicula”.
Plus tard,
Sénèque (50 ap. J.C.) - était très explicite et très précis:
“L’étoile de la canicule brille d’un rouge vif" :
"acrior sit caniculae rubor", Mars est plus pâle:
"remissior" et Jupiter coloré d’aucune nuance:
"nullus".
L'astronome et historien chinois
Sima Qian avait écrit au Ier siècle av. JC. que si Sirius devient rouge il y'aura de nombreux voleurs et bandits.
Certaines copies du fameux catalogue rédigé vers 150 ap. JC de
Ptolémée (
L'Almageste) indiquent que Sirius présente une couleur
"upokirros", rougeâtre
Page d'Almageste de Claude Ptolémée
Au sixième siècle de notre ère,
Grégoire de Tours renchérit:
“Stella rubéola”, écrit-il :
"l'étoile rouge".
Les nombreuses observations sur sa couleur rouge seraient-elles une preuve de véritables changements physiques survenus dans, ou autour de l’étoile ?
Mais ce qui est plus étrange c'est que
Manilius (Astronomica, 15 ap. JC) et
Avienus (Arati Phaenomena, 360 ap. JC) qualifièrent Sirius de
"coeruleus", c'est-à-dire bleue et le célèbre
Hyginus (De Astronomia II, 10 av. JC) décrit Sirius d'une couleur
"candor", c'est-à-dire d'une blancheur éclatante, ce qu'elle est encore aujourd'hui.
Alors est-ce que les premiers se seraient trompé d'étoile ?
Ptolémée est connu pour son sens aigu de l'observation et
Cicéron pour son sens critique. Ces observateurs sont donc dignes de foi et il est difficile d'imaginer qu'ils auraient confondu deux étoiles ou commis une faute de copie ou de traduction.
La variation de couleur de Sirius reste donc un mystère et un problème d'actualité.
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